Actes de guerre sans motif (2)

Encore un mensonge déguisé en produit du mois. Et ses muscles sont aussi minutieux qu’un prof de fitness dont la compagne prétend que les chats ont peur des concombres, surtout les années bissextiles. Encore un mensonge toujours en travaux sur le trottoir de l’ombre. Et il ressemble à tous les mauvais élèves, nés, grandis et élevés dans des mythologies de sandwich américain. Et l’hésitation menace de gâter tous ses gestes à venir. Je l’ai longuement observé en sortant de l’ancien hôtel des comédiens ordinaires du roi. Il errait comme le cavalier fourbu de la légende en pleine dégringolade physico-psychique dans une allée lugubre. Je crois qu’il regrettait l’époque où les politesses de salon lui apportaient du réconfort provisoire. A ses pieds – encore qu’assis sur le rebord de ma migraine, j’ai sans doute mal apprécié les choses – un cheval gisait dans une flaque de sang, l’air d’un traîneau bien décidé à suivre l’avalanche jusqu’à la mer. Encore un mensonge et il fut un temps, pas si lointain, où arranger les désastres était sa spécialité. Depuis qu’il vit seul, peu à peu, voilà qu’il reprend goût au sexe. Il se sent comme ce nouveau radiateur portatif qui fait fureur dans les espaces confinés, la pénombre et les couleurs sombres…