EDITO

J’aimerais écrire un édito bouleversant

parce que je suis moi-même bouleversée

bouleversée

par les couleurs

bouleversée par la musique

bouleversée par la noirceur

par la noirceur du personnage

par le personnage

par la solitude du personnage et bouleversée qu’il soit si seul

si injustement seul

quand bien même pour lui je serai une totale inconnue

forcément (et alors ?)

bouleversée

par son rire

par ce rire

ce rire qui n’est pas un vrai rire

et qui pourtant bouleverse d’être le rire qu’il est

bouleversée par ses névroses

par son histoire

par sa danse

par son corps

troublée par le saillant de son corps

bouleversée qu’il me fasse douleur de le regarder

bouleversée par sa façon qu’il a d’être à sa façon

à tenter

d’être

et de dire

tant bien que mal

sans mal

au départ peut être et peu importe

comment

bouleversée de la justesse

à demander si

ici

il y aurait peut-être des hommes bons

des hommes seulement gentils

et de la gentillesse

aux hommes

y aurait-il

une parole si simple

et bouleversante que demander

à ce que l’homme regarde l’homme

comme un homme

et qu’on tente

avec les mots

d’en définir autant d’incertitudes

à travers un poème pourquoi pas

à travers une émotion

c’est certain

une lame de fond

sans autre intention que de toucher l’autre

sans apparat

une vérité seulement nue

ici

et bouleversante

mais comme d’habitude

je fais n’importe quoi.