EDITO 7

C’est 2020, et j’étais partie pour écrire un truc enthousiaste, lyrique et inspiré, parce que ça sonne bien à l’oreille et à la vue :

2020.

Et puis, c’est l’année de mes 50 ans.

Et, c’est aussi l’année des 20 ans de mon fils qui me rappelle gentiment que son père est mort, lui, à 50 ans et que, par conséquent, s’il m’entend me plaindre cette année de mon âge, de mes rides, de mes cheveux plats, il n’hésitera pas à me fourrer le nez bien profond dans ma piteuse indécence.   

Donc, me voilà à mon bureau, prête à écrire un édito joyeux, à regarder la vie droit dans les yeux pour lui asséner une sorte d’hymne à l’amour universel…

et puis l’autre déclare la troisième guerre mondiale. Ou tout comme.

Mais enfin, qui sait…

On guette, on est sur le qui-vive, on protège ses arrières mais ça se passe toujours ailleurs. Le champ qu’on croyait miné est vierge. Le champ qu’on pensait sauf est piégé. On s’attend au pire : on a raison. Et on a tort. Car rien n’arrivera comme on l’a imaginé.

Je vous propose donc de faire comme si je venais d’écrire une vraie ode à la vie parce qu’après tout, il n’y a qu’une chose à faire ici-bas, qui tient en un mot que je ne dirai pas mais qui ressemble au parfum de la fève tonka mêlé à une vision de mer.

Entende qui pourra.