EDITO

La nuit dernière j’ai écrit mon plus beau poème.

J’en étais certaine.

Mais à mon réveil il était bien trop incertain.

J’ai préféré me rendormir.

Au cas où.

J’ai rêvé que j’avais les jambes aussi élancées que celles des femmes dans les magazines. Alors que je ne lis jamais les magazines.

N’empêche, c’était beau à voir.

Tu fais un pas et hop tu te retrouves sur un autre continent.

Et comme à mon réveil je n’avais que mes jambes et qu’il pleuvait, j’ai remplacé le mot salon par le mot Europe. Puis le mot cuisine par celui de Venise. Je vous laisse imaginer où est-ce que j’ai pris mon petit café lagune.

Mes rêves tombent toujours dans la facilité. Mes poèmes aussi. Pas toujours mais parfois.

Tout comme parfois il y a ces jours inlassablement orchestrés sur la même musique.

Comme si lorsqu’on regardait par la fenêtre, c’était pour entrevoir un morceau de réel.

C’est un peu ça septembre, un morceau de réel sur une peau qui ne se décolle même plus.