SANS RANCUNE

Après des mois de solitude

et de bricks de soupe une personne

il était enfin entré dans sa vie

dans sa maison

dans ses placards

dans ses lessives

dans ses programmes télé

dans sa salle de bain

dans sa brosse à cheveux

sur le carrelage systématiquement mouillé après son passage

dans le canapé

dans le fauteuil

dans la chaise longue

dans la voiture

dans les chiottes le rouleau papier cul vide

dans des plats duo surgelés

sur sa boîte aux lettres

à tous les repas avec ses amis

dans tout partout et tout le temps.

Elle prit deux dés

les lança avec élan par terre

et manque de bol pour lui

le chiffre était inférieur à 9.

Elle n’y pouvait rien.

Elle n’avait pas choisi.

C’était comme ça.

Il devait partir.

Sans rancune, donc.