TOUS LES JOURS

Rien de particulier ce matin

hormis un chat qui erre et qui miaule

mais rien, pas même un retard

tout s’enchaine les gestes pieds par terre

et debout j’avance

quasi dans le noir à la cuisine où je me rends

comme on irait se rendre à l’habitude.

Tout se passe comme tous les jours

la nuit passe et le jour vient

inexorablement

les pieds par terre les gens debout

et ce con de chat perdu qui miaule son désespoir sous ma fenêtre

où j’ai regardé la nuit passer et le jour venir

le nez collé au dehors

à la moindre alerte me cacher plus loin

faire comme si je ne cherchais pas à te voir

comme si rien de particulier.

Un jour et puis encore un autre

où rien ne se passe vraiment

et ces nuits d’absence qui creusent

que tu sois là que tu n’y sois pas

ça commence à sentir la merde cette histoire

puis tout se passe comme toujours

la nuit passe et le jour vient

sans aucune explication.

On se dit qu’on sait déjà

qu’on sait tous les jours toutes les nuits les mêmes

en lassitude

on sait que ça sentait l’ordinaire

alors que ce qu’on avait voulu c’était jouir la nuit

c’était jouir le jour et tout passe

comme toujours comme tous les matins

après toutes ces nuits d’absence.

Pieds par terre corps debout je roule du tambour

et me fais symphonique

lorsque la mélancolie monte

comme s’il était possible de mourir pour aller mieux.